Plus de 30’000 personnes ont pris les rues de Genève pour montrer, en autres, leur opposition aux architectes de la casse mondiale des services publics, prouvant la construction d’une résistance réelle face aux politiques d’austérité à Genève et dans le monde. La manifestation féministe a également signé le lancement d’une année de préparation de la grève du travail rémunéré et non rémunéré qui aura lieu le 14 juin 2027, organisée plus particulièrement dans les secteurs des soins, de l’éducation et du social.
Malgré cette réjouissante mobilisation diverse, colorée et festive, la fin de la manifestation a été marquée par le nassage par la police de plus de 300 personnes, dont nombre de militants en gilets jaune parfaitement identifiables de la «Team TAP» (Equipe d’Auto-Protection) et de longues heures d’attente pour un contrôle. «Une prise d’otage inqualifiable dans un Etat de droit », selon la Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS).
«La coalition No G7 a joué le jeu de la collaboration avec les autorités en acceptant le parcours imposé et en prenant les mesures nécessaires au bon déroulé de la manifestation, mais Carole-Anne Kast a tout de même choisi la voie de l’intimidation et de la répression collective alors que la police cantonale genevoise elle-même reconnaissait que les dégâts étaient minimes», a rappelé le syndicat des services publics (SSP). «Compte tenu également des tentatives répétées d’interdiction de la manifestation du 14 juin, de la politique de l’autruche de la ministre face aux violences qu’elle a fait subir à nos membres et camarades, nous estimons désormais que seule sa démission pourra garantir qu’une situation similaire ne puisse se reproduire», exige le SSP.
Dénonçant «le gazage massif du cortège et la punition collective de centaines de personnes nassées», le PdT en appelle à sa démission, ainsi que celle du procureur général, qui a ordonné ce parcage des manifestants et ce filtrage qui a duré des heures. «Mme Kast a perdu toute crédibilité au sein des organisations qui l’ont soutenue et avec qui elle a eu milité. Depuis son élection au Conseil d’Etat, Mme Kast ne se contente plus de s’allier à la bourgeoise (comme l’ont fait nombre de ses prédécesseur-euses sociaux-ales démocrates), elle prête la main à la mise en danger de la population et au démantèlement des droits fondamentaux», explique le parti.
Les Vert·e·s demandent, quant à eux, la publication rapide d’un rapport détaillé sur le déroulement de cette opération et ses bases légales, alors que le PS genevois exige un bilan complet de cette opération, sans aucune mention de leur magistrate.