Le cinéma de Kelly Reichardt ne se regarde pas, il s’écoute et se ressent comme une matière brute. Si la cinéaste de l’Oregon est aujourd’hui célébrée à Nyon et à Lausanne, c’est parce qu’elle a su construire, film après film, une œuvre qui refuse le spectaculaire pour mieux ausculter ce que le cinéma oublie d’ordinaire…
Kelly Reichardt. Une archéologie du palimpseste américain
À l’occasion de la rétrospective de Visions du Réel et de la Cinémathèque suisse, Kelly Reichardt s’impose comme la figure de proue d’un cinéma de la persévérance. De l’Oregon sauvage de "Meek’s Cutoff" aux structures sociales de la Côte Est dans "The Mastermind", elle transforme le labeur et le paysage en actes de résistance, redéfinissant les mythes américains par le prisme du geste artisanal et de l'amitié.