Depuis maintenant 30 jours consécutifs, des milliers de personnes manifestent quotidiennement en Albanie pour s’opposer aux projets de construction prévus sur l’île de Sazan et autour de la lagune de Narta.
Le projet porté par Jared Kushner et Ivanka Trump prévoit de transformer l’île inhabitée de Sazan, située sur la côte adriatique, en un complexe touristique de luxe de plusieurs milliers de chambres. Un second projet prévoit également d’importantes constructions autour de la lagune de Narta, un habitat naturel essentiel pour de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, notamment les flamants roses. Ces projets écocides constituent une menace majeure pour cet écosystème exceptionnel.
Mais ces manifestations vont bien au-delà de la seule question environnementale. Dans l’un des pays les plus pauvres d’Europe, de nombreux Albanais ont le sentiment d’être dépossédés de leur territoire et exclus des décisions qui engagent leur avenir.
Cette mobilisation soulève des questions fondamentales concernant la protection de l’environnement, le manque de transparence des décisions publiques, l’absence de véritables débats démocratiques autour des grands projets d’investissement ainsi que l’influence croissante des intérêts économiques privés dans l’aménagement du territoire. Elle cristallise également un profond mécontentement face à la corruption, à l’exode massif de la jeunesse, au manque de perspectives et au fonctionnement des institutions. Dans les cortèges, les manifestants scandent « Nouvelle Albanie », exprimant leur volonté de tourner la page de l’establishment actuel et de construire une démocratie plus authentique.
Les manifestants, qui organisent leur 4ème mobilisation le 1er juillet à 19h, Place des Nations à Genève, réclament notamment: l’annulation des projets de construction sur l’île de Sazan et autour de la lagune de Narta, la protection durable de ces espaces naturels et la démission du Premier ministre Edi Rama, dont les déclarations et l’attitude témoignent d’un profond mépris envers les manifestants.