«Aucune arme n’est plus puissante que la diplomatie»

International • Le président de l'Angola, João Manuel Gonçalves Lourenço a prononcé un discours marquant le 22 septembre lors du débat général de l'Assemblée générale des Nations unies à New York pour la paix et la fin du blocus de Cuba. (par Adão Muondo)

Dans son discours prononcé mardi 22 septembre devant l’Assemblée générale des Nations unies, lors de la première journée de la 81e session qui se tient jusqu’au 28 septembre à New York, le président de la République d’Angola, João Lourenço, a souligné qu’ «aucune arme n’est plus puissante que la diplomatie, car les autres ne servent qu’à détruire des vies, des infrastructures, des rêves et des projets de vie, tandis que la diplomatie est la seule arme qui existe pour unir, réparer, construire et sauver des vies, des peuples, des nations et l’humanité.»

C’est pourquoi il a indiqué que «les Nations unies doivent se doter des outils et des moyens adéquats pour respecter la devise de cette 81e session de son Assemblée générale, qui est “restaurer la confiance, gérer la transformation et permettre à l’organisation de produire des résultats pour tous”».

Condamnation du terrorisme

«Nous vivons aujourd’hui dans un climat d’anarchie mondiale, où le recours à la force l’emporte sur la force de la raison et du droit, en contradiction flagrante avec les normes qui régissent les relations internationales», «outre le terrorisme, qui reste actif dans certains pays, notamment en Afrique, la situation en matière de paix et de sécurité mondiales continue de se détériorer d’année en année».

Il a exprimé sa «profonde inquiétude» face à la direction que prend le monde, affirmant que «cela nous rapproche de manière effrayante d’une conflagration mondiale». «Nous assistons aujourd’hui à une remise en cause et à une violation des règles qui régissent les relations internationales, où prévaut la logique de la force, de l’intimidation et de l’imposition de valeurs découlant de la vision unilatérale de certains pays qui défendent leurs intérêts exclusifs», a-t-il déclaré.

Appel contre la fin de l’embargo à Cuba

«Nous sommes préoccupés par la manière injuste et révélatrice dont Cuba a été traitée au fil des décennies, victime d’un embargo prolongé qui aggrave les conditions de vie du peuple cubain», a-t-il déclaré.

Il a affirmé que «Cuba n’est pas un Etat terroriste ; elle ne produit ni ne possède d’armes nucléaires, chimiques ou bactériologiques susceptibles de constituer une menace imminente ou réelle pour la sécurité nationale d’autres pays, pas même de ses voisins».

Au contraire, a-t-il fait valoir, «Cuba a contribué à la chute du régime raciste et ségrégationniste de l’apartheid en Afrique du Sud, un régime largement et unanimement condamné par la communauté internationale, ce qui lui a conféré le droit d’être l’un des signataires des accords quadripartites de New York du 22 décembre 1988.»

Considérant que l’embargo est le principal responsable de la situation catastrophique dans laquelle se trouvent Cuba et les Cubains, et étant donné qu’il est inhumain, injuste et contraire à tous les principes et normes du droit international, il a appelé une nouvelle fois à la levée de l’embargo contre Cuba.

Instabilité mondiale

Il a affirmé que l’instabilité dans diverses régions du monde est «une conséquence directe de cette attitude» et a évoqué les conflits qui ravagent l’Europe, le Moyen-Orient, le golfe Persique et l’Afrique, tandis que les tensions s’intensifient également dans la région Asie-Pacifique.

«La tentative de dominer des pays et des régions entières du globe par la force des armes conduit le monde vers une situation catastrophique», a-t-il souligné, ajoutant que «la situation en matière de sécurité alimentaire, énergétique et humanitaire des pays et du monde en général s’est considérablement détériorée depuis le début des guerres», comme celles en Ukraine et en Iran.

Il a souligné «l’implication directe de certains membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies dans les conflits les plus sanglants et les plus destructeurs de notre époque, en Europe et dans le golfe Persique, ce qui est préoccupant et constitue un mauvais exemple pour le reste du monde».

«A l’heure où la bonne gouvernance des pays est tant mise en avant, il existe également, en matière de gouvernance mondiale, une exigence d’un nouvel ordre mondial plus démocratique et plus juste, qui ne repose pas uniquement sur le pouvoir d’un petit groupe de vainqueurs d’une guerre qui a eu lieu il y a huit décennies», a-t-il déclaré.

Il a fait valoir qu’il devient de plus en plus impératif et urgent d’entreprendre une réforme complète du Conseil de sécurité des Nations unies, au sein duquel l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie doivent être dûment représentées en tant que membres permanents, avec tous les pouvoirs que cela implique.

Il a également défendu «la nécessité d’engager une réflexion approfondie au sein des Nations unies, seule institution sur la planète dotée de légitimité et réunissant toutes les nations du monde, afin de trouver les meilleures solutions pour parvenir à la paix mondiale».

Il a affirmé que l’Angola était déterminé à contribuer à la paix et a rappelé le sommet extraordinaire de l’Union africaine sur les mécanismes de détection et de résolution des conflits, qui s’est tenu à Luanda en août, ainsi que le Forum panafricain pour la culture de la paix et de la non-violence, Biennale de Luanda, prévu en octobre.