Le 24 avril, le Conseil d’Etat vaudois a rendu public la rapport de l’enquêteur Jean-François Meylan sur la conseillère d’Etat, Valérie Dittli. Celui-ci établit notamment qu’un des deux mandats octroyés à l’ancien président de la Commission foncière rurale I (CFR I) faisait partie d’une convention signée entre ce dernier et la cheffe de l’ex-Département des finances et de l’agriculture (ex-DFA), convention prévoyant également le retrait d’une plainte pénale à l’encontre de cette dernière.
«Ce rapport accablant met en lumière de graves manquements dans la gestion de la Conseillère d’Etat Valérie Dittli. Il établit qu’elle a engagé des fonds publics sans l’accord du Conseil d’Etat, et qu’elle a menti à plusieurs reprises à cette même instance» relève le groupe Ensemble à Gauche et POP du Grand Conseil.
Le Conseil d’Etat lui-même constate ainsi que l’élue du Centre lui a caché «plusieurs éléments importants dans ce dossier» et estime que le rapport de confiance avec Mme Dittli s’en trouve ainsi entamé et il sera difficile de le rétablir.
Servir ses intérêts
«Les mandats attribués à M. Matthey ont par ailleurs été octroyés sur des bases visant à justifier le retrait de deux plaintes. Le rapport relève le caractère disproportionné des contreparties exigées: 7,5 pages de texte pour 10’000 francs (et dont le contenu aurait pu figurer dans un simple rapport annuel), ainsi qu’un ouvrage dont le périmètre et les modalités de réalisation n’avaient pas été définis. De surcroît, le paiement a été libellé sous une décision de subventionnement, alors qu’il s’agissait d’un contrat de mandat. Cette «confusion» interroge. Une convention secrète, jamais transmise au Conseil d’Etat, a été conservée chez l’avocat de Valérie Dittli. Ces éléments convergent vers une conclusion préoccupante: la Conseillère d’Etat semble avoir fait passer ses intérêts personnels avant ceux de l’Etat, ce qui la rend indigne d’une fonction qui revêt une telle responsabilité devant la population vaudoise. Cette gestion déloyale discrédite l’ensemble de la confiance en les institutions vaudoises», précise le groupe, qui exige dorénavant la démission de l’élue.